La LFP, via un rapport longuement relayé par le journal L’Équipe, a donc tranché : il y aurait eu une « entente » entre le SM Caen et le Nîmes Olympique, jouée le 13 mai 2014, mais aucun fait de corruption avéré. Les sanctions devraient être connues le mardi 17 mars 2015.
Des bouteilles de vin à bas prix!
Les experts missionnés par la LFP, ceux-là même qui avaient analysé le match de handball du 12 mai 2012 entre Cesson et Montpellier à l’origine du scandale impliquant Nikola et Luka Karabatic, ont été clairs : « l’ensemble des éléments montre une carence volontaire significative du niveau de jeu des équipes de Caen et de Nîmes ». Rien de bien surprenant étant donné que la fin du match ressemblait à une partie de passe à 10, comme l’avaient relevé de nombreux téléspectateurs ce jour-là. Le rapport des instructeurs pointent « une concertation préalable d’avant match autour d’un scénario construit ». Et c’est là qu’arrive le danger pour le SM Caen. Sauf que l’existence de faits de corruption apparaît bien peu probable : les fameuses bouteilles de vin offertes par le club gardois aux Caennais leur ont coûté… 1€70 l’unité ! Les quatre cartons de bouteilles arrivés dans les vestiaires du SMC coûteraient donc au total 45€. Un peu maigre pour corrompre un club professionnel !
Jean-François Fortin hors de cause ?
Dans le viseur de la LFP, il y a Kaddour Mokkedel, responsable de la sécurité de l’équipe de Basse-Normandie. Toujours d’après le rapport, il aurait discuté de l’arrangement avec le président nîmois Jean-Marc Conrad. Après avoir eu vent de ces discussions, le boss du SMC, Jean-François Fortin, aurait alors appelé son entraîneur, Patrice Garande, « pour que le score soit au minimum de 3-0 ». Des faits qui disculperaient alors celui qui a été obligé de céder son fauteuil de président à Xavier Gravelaine. Quant à Kaddour Mokkedel, qui aurait également, d’après L’Équipe, eu un échange avec Serge Kasparian, personnalité au cœur du scandale, il explique que Jean-Marc Conrad souhaitait simplement « tâter le terrain ».
Pas de sanctions graves ?
Au total, 137 personnes ont été entendues pour l’enquête, dont 80 pour le seul match Caen-Nîmes (41 personnes côté caennais, 39 personnes du clan nîmois) pour un rapport de 50 pages. Les personnes suspectées d’avoir essayé de truquer les rencontres (hormis Caen-Nîmes, six autres matches sont visés) seront auditionnées par la commission de discipline de la LFP les 16 et 17 mars. Le verdict sera rendu le 17 mars dans la soirée. Les deux clubs risquent des sanctions allant du rappel à l’ordre à la radiation. Des sanctions individuelles envers les dirigeants sont également possibles. En ce qui concerne le SM Caen et le Nîmes Olympique, les sanctions ne peuvent être applicables qu’à partir de la saison 2015-2016. Mais que risquent réellement les clubs ? Avec un « cadeau » d’une faible valeur et l’absence de faits de corruption avérés, seule subsiste l’entente entre les deux clubs. Et des faits comme ceux-ci sont légion, parfois même reconnus à demi-mots par l’un des acteurs. L’affaire du Caen-Nîmes aura au moins le mérite de ne plus être un scandale touchant à la corruption.