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Le canton de Dieppe 1, qui comprend les limites territoriales des anciens cantons d’Offranville (sans Arques-la-Bataille) et de Dieppe-Ouest, comptera quatre listes aux élections départementales des 22 et 29 mars. Il a la particularité de voir deux conseillers généraux sortants s’affronter : d’un côté le socialiste Bruno Bienaimé et de l’autre le communiste Sébastien Jumel, respectivement maire de Martigny et de Dieppe.
La droite et le centre unis
Les enjeux sont multiples sur ce canton. Action sociale, construction et entretien des collèges, réfection du réseau routier, transport, tourisme… sont autant de compétences qui sont mises en avant par les candidats. A Dieppe, tous les regards se posent sur la ligne transmanche, son avenir etant suspendu aux décisions du conseil départemental. Prolongée d’un an fin 2014, la délégation de service public qui lie le Département à l’opérateur DFDS arrive à échéance fin 2015. Rien ne semble prévu pour sa pérennité. En dix ans, le coût de cette ligne par le Départe-ment est passé de 4 millions d’euros en 2004 à près de 20 millions, dix ans plus tard.
La droite et le centre ont choisi de faire une liste commune. C’est André Gautier et Imelda Vandecandelaere qui ont été investis par l’UMP et l’UDI. Le premier conduit l’opposition municipale à Dieppe et est le vice-président de la communauté d’Agglomération de Dieppe-Maritime. La seconde a ravi la municipalité d’Offranville pourtant ancrée à gauche depuis 1971, l’an dernier, dès le premier tour des municipales.
Les résultats de cette élection départementale sur les seules frontières offranvillaises permettront d’ailleurs d’analyser si Imelda Vandecandelaere a remporté des suffrages d’adhésion ou si elle a profité des divisions du Parti socialiste. Elle siège également à l’Agglo Dieppe-Maritime. Ces deux figures de l’UMP à Dieppe ont lancé leur campagne sur la gestion désastreuse de l’exécutif départemental socialiste et la dette abyssale que la gauche laisse aux contribuables, rapport de la chambre des comptes en main. Leurs remplaçants sont Bernard Bazille, le maire de Saint-Aubin-sur-Scie, et Laurence Artaud, une adjointe d’Hautot-sur-Mer.
Temps difficiles pour le PS
Au Parti socialiste, Bruno Bienaimé et Céline Emo sont dans une position assez inconfortable. Ils doivent soutenir le bilan des politiques départementales conduites successivement par Didier Marie et Nicolas Rouly mais aussi défendre celles initiées par le gouvernement. Un an après les élections municipales qui ont été particulièrement difficiles pour ces deux titulaires, le premier a peiné à être réélu à Martigny tandis que la seconde, une colistière de la liste « Unis pour Dieppe », n’est pas parvenue à conserver son siège au conseil municipal de Dieppe. Le binôme promet de poursuivre les actions engagées en direction de la petite enfance, des seniors mais aussi à la modernisation des collèges.
Les deux remplaçants sont Bernard Machemehl, membre de l’opposition municipale à Offranville et délégué communautaire à Dieppe-Maritime, et Barkissa Sanoko. Pendant cette campagne, les candidats socialistes restent discrets, pas de grand meeting ou réunion publique, « juste du porte-à-porte », confiait Bruno Bienaimé.
L’exception au FN
Aux extrêmes, le Front national est présent dans tous les cantons de la Seine-Maritime. C’est Laurent Hamelin et Claudine Allard qui sont désignés comme titulaires (lire également page 8). Si le parti frontiste fait plutôt de bons scores à Dieppe et sur Offranville lors des scrutins nationaux, sa percée est en revanche plus difficile lorsqu’il s’agit d’un scrutin local. Aux municipales à Dieppe, par exemple, la liste FN conduite par Stéphane Mauger n’est pas parvenue à franchir la barre des 10 % pour se maintenir au second tour.
Enfin, le Parti communiste compte bien s’imposer au nord du département. Sans surprise, Sébastien Jumel est candidat à sa succession au côté d’Emmanuelle Caru-Charreton, son adjointe à la petite enfance, aux affaires scolaires et aux sports. Le binôme pourra compter sur le soutien d’autres partis, des forces supplétives qui peuvent amener quelques dizaines de voix comme Europe-Ecologie Les Verts, Nouvelle donne ou encore le Parti de gauche, ce qui fait dire aux candidats qu’ils représentent « le rassemblement de la gauche ».
Le PCF et ses forces supplétives
Estimant que le canton de Dieppe 1 et Dieppe 2 apportent une cohérence territoriale, les candidats mènent une campagne commune sur un seul et même programme. « Nous voulons préserver nos territoires de vie, martèle Sébastien Jumel. Notre candidature va dans ce sens-là, elle ne va pas au service d’un parti politique ».
Le maire de Dieppe a des atouts : il est omniprésent sur le terrain, il occupe l’espace médiatique et il a ses relais dans de nombreuses associations et organisations professionnelles. En revanche, le binôme a un handicap dans la refonte de la carte territoriale : il ne pourra pas capitaliser sur Arques-la-Bataille, un fief communiste pourvoyeur de voix. Cette commune part dans le canton de Dieppe 2. Guy Sénécal, le maire d’Arques-la-Bataille, et Carole Letournelle, une élue de Rouxmesnil-Bouteilles, sont les remplaçants.
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Les communes de ce nouveau canton
Les habitants des communes suivantes seront appelés à voter les 22 et 29 mars prochains : Ambrumesnil, Aubermesnil-Beaumais, Colmesnil-Manneville, Dieppe-Ouest, Hautot-sur-Mer, Longueil, Martigny, Offranville, Ouville-la-Rivière, Quiberville, Rouxmesnil-Bouteilles, Saint-Aubin-sur-Scie, Saint-Denis-d’Aclon, Sainte-Marguerite-sur-Mer, Sauqueville, Tourville-sur-Arques et Varengeville-sur-Mer. La partie de Dieppe concernée est celle à l’ouest du port. Ce nouveau canton compte près de 34 000 habitants.
