Le mercredi 18 janvier 2015, une explosion s’est produite dans la raffinerie de pétrole d’Exxon Mobil, à Torrance, en Californie. Quatre personnes auraient été blessées lors de l’incident qui est survenu à 9h du matin, heure locale (18h à Paris), mettant notamment des écoles riveraines en alerte. Les causes de l’explosion sont encore inconnues, d’après l’agence de presse Reuters. Près du Havre (Seine-Maritime), à Notre-Dame-de-Gravenchon, la raffinerie d’Exxon Mobil liste à Normandie-actu les mesures de sécurité mises en place.
Regardez la vidéo de l’incident rapportée par « 20 minutes » ici :
Dans le cadre d’un nouveau système d’alerte de la population, la Communauté de communes Caux vallée de Seine procédera justement à des essais sonores, le vendredi 20 février 2015, de 16h30 à 18h, et le jeudi 26 février 2015, de 9h à 17h, dans les communes de Port-Jérôme. Des essais qui seront audibles sur Lillebonne et Notre-Dame-de-Gravenchon. Pour se préparer, au cas où.
Three injured in refinery blast at Exxon refinery in Torrance, California: http://t.co/kSVKLeiBEX pic.twitter.com/CZnDTVIsy0
— Reuters U.S. News (@ReutersUS) 18 Février 2015
« Nous avons très peu d’accidents du travail, moins qu’ailleurs »
Malgré des dégâts matériels impressionnants, lors de cette explosion aux États-Unis, les interlocuteurs de l’entreprise, en France, se disent confiants : « Nous avons très peu d’accidents du travail, et ce genre d’événement est très rare », insiste la chargée de communication d’Exxon Mobil France. Le taux de fréquence du nombre d’accidents avec arrêt de travail supérieur à un jour, survenus au cours d’une période de 12 mois par million d’heures de travail, serait de 1,31 pour les raffineries du groupe Esso, affirme-t-elle. Dans le domaine de l’industrie pétrolière, il serait de 2,44, et dans le domaine de l’industrie « en général », il s’élèverait à 23.
L’explosion aux États-Unis ? Oui, nous sommes du même groupe, mais nous n’avons pas d’autres éléments que ce qui est dit dans la presse pour l’instant », indique Exxon.
Selon la nature de l’accident, deux types d’opérations de sécurité et d’alertes de la population pourraient être mises en place, sur le site de Notre-Dame-Gravenchon, un Plan d’opération interne (POI) ou un Plan de particulier d’intervention (PPI).
« Une organisation presque militaire ! »
Selon Nathalie Guegaden-Lefort, responsable de la communication pour la plateforme de Notre-Dame-de-Gravenchon, les équipes sont, dans tous les cas, plus que préparer à réagir :
Nous avons un système d’appels automatiques. Si un incident survient, des SMS, ainsi que des appels téléphoniques sont envoyés automatiquement à toutes les personnes qui doivent se mobiliser », détaille la responsable.
Deux structures d’équipes se déploient alors : une « stratégique », et une autre, « technique ». L’une agit directement sur le terrain, l’autre se « détache physiquement du problème », et gère la crise « de l’extérieur », afin de conseiller les personnes mobilisées sur place.
C’est une organisation presque militaire, commente Nathalie Guegaden-Lefort. Dans la structure technique, il y a aussi une cellule de communication, qui va directement prévenir les autorités, comme la DREAL (Ndlr : Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), ou encore la gendarmerie.
Lors du POI, la gestion de la crise appartient à Exxon Mobil. Si l’incident peut avoir un impact direct sur les communes environnantes, l’entreprise déclenche alors un Plan particulier d’intervention (PPI).
Une population « préparée et rassurée »
Lors d’une alerte PPI, les sirènes d’Exxon se déclenchent. Un dispositif de sécurité d’une autre envergure est mis en place, incluant les neuf communes concernées: Quillebeuf-sur-Seine, Saint-Aubin-sur-Quillebeuf, Petiville, La Frénay, Lillebonne, Saint-Maurice-d’Ételan, Saint-Jean-de-Folleville, Notre-Dame-de-Gravenchon, Saint-Nicolas-de-la-Taille. Un dispositif qui applique la loi Bachelot de 2003, concernant les entreprises classées SEVESO.
Les gens savent ce qu’ils doivent faire. Il faut notamment se confiner. Il faut rester chez soi et tout fermer… Mais cela n’est encore jamais arrivé. Dans le cas d’un PPI, c’est le préfet de Seine-Maritime qui prend la main. Il met en place une cellule de crise.
La dernière simulation d’un PPI date de 2007 en Seine-Maritime. Elle avait nécessité une préparation d’un an. Tout au long de l’année, l’entreprise organise des réunions publiques pour prévenir la population des risques et des actions à mener en cas d’incident « grave ». « La population a confiance, assure la responsable de la communication. Nous effectuons des enquêtes chaque année pour savoir si la population se sent rassurée. Si on voit que le taux baisse, nous refaisons des réunions ».
Un « laboratoire » en matière de sécurité
Implantée depuis 80 ans à Notre-Dame-de-Gravenchon, l’entreprise serait un véritable « laboratoire » en matière de sécurité, pour l’État, selon la responsable de la communication. « Nous travaillons beaucoup sur la culture du risque, et les gens vivent avec depuis longtemps. Nous sommes souvent en première ligne pour donner l’exemple en la matière ». À Notre-Dame-de-Gravenchon, Exxon Mobil, ce sont 2 250 salariés, et 2 000 autres employés par des sociétés extérieures.