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Quel concessionnaire pour le contournement Est de Rouen ?

Quel concessionnaire sera retenu pour le futur contournement Est de Rouen ? NGE Concessions, actionnaire d’Albea, affirme qu’il sera déjà candidat à l’appel d’offres, d’ici 2017.

Les études vont commencer pour le contournement Est de Rouen : le concessionnaire autoroutier devra ensuite être désigné après un appel d'offres (Photo d'illustration Flickr/cc/Jean-Louis Zimmermann)
Les études vont commencer pour le contournement Est de Rouen : le concessionnaire autoroutier devra ensuite être désigné après un appel d'offres (Photo d'illustration Flickr/cc/Jean-Louis Zimmermann)

La ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, a validé le lancement d’études pour le futur contournement Est de Rouen (Seine-Maritime) : une infrastructure dont le coût estimé est arrivé (aujourd’hui) à plus d’un milliard d’euros et qui ne pourra pas être supporté par les seuls pouvoirs publics. C’est la raison pour laquelle le recours à un concessionnaire a été envisagé, la contrepartie étant, pour lui, de percevoir des péages pour rentrer dans son investissement, qui comprendra la construction de l’autoroute d’une part, mais aussi son exploitation et son entretien. L’appel d’offres pour désigner le futur exploitant ne devrait pas intervenir avant 2017.

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Neuf échangeurs, des viaducs, deux ponts sur la Seine, un barreau de jonction latéral d’une dizaine de kilomètres : tels seront quelques-unes des caractéristiques de ce gigantesque ouvrage, détaillent Les Échos, du moins dans la forme du projet, tel qu’il est actuellement connu.
Rappelons que le contournement, sous forme d’une 2×2 voies d’une longueur de 41 kilomètres, ne devrait pas être mis en circulation avant l’horizon 2020 et qu’entre l’enquête publique, la déclaration d’utilité publique, et la réalisation des travaux, il peut se passer beaucoup de choses… d’autant que l’idée de contourner Rouen pour fluidifier le trafic date de plusieurs décennies : le projet n’est donc pas à l’abri de rebondissements supplémentaires.

L’actionnaire d’Albea sur les rangs

Toutefois, les concessionnaires, eux, même s’ils savent que les appels d’offres ne seront pas lancés avant la fin de l’enquête publique, ont déjà engagé la réflexion d’être candidats ou non. Parmi eux, NGE Concessions, un groupe de travaux publics, actionnaire d’Albea qui a mené le chantier du tronçon de l’autoroute A150, entre Barentin et Écalles-Alix, est bien décidé à se mettre sur les rangs.

Dès qu’il s’agit de construire des autoroutes, on est intéressé. On sera donc sur les rangs lors de l’appel d’offres, c’est certain », confirme, à Normandie-actu, Thierry Bodard, directeur de NGE Concessions, qui constate que, certes, le projet du contournement est « plus gros que le chantier de l’A150, », mais qui rappelle que son groupe a déjà démontré qu’il pouvait s’allier à des partenaires.

Et l’un des arguments que NGE ne manquera pas de faire valoir, c’est le temps mis pour réaliser l’A150 : « Malgré une météo assez délicate, nous avons livré le chantier avec un mois d’avance. C’est un argument qui peut compter et on aime le dire. On ne prétend pas être les seuls à pouvoir le faire, mais on l’a fait récemment en Normandie », insiste Thierry Bodard.

Un trait sur la carte, pour l’instant

Le groupe de travaux publics compte bien mettre également en avant ses précédentes réalisations, tels les 30 kilomètres de l’Autoroute A88, entre Caen et le département de l’Orne, mais rappelle également, qu’il est candidat sur d’autres contournements : celui de Strasbourg, la liaison vers la Rochelle… Autant de projets pour lesquels NGE estime pouvoir répondre aux exigences soulevées.

Pour l’instant, « le contournement reste un trait sur la carte », souligne Thierry Bodard : 40 kilomètres, c’est plus que les chantiers réalisés jusqu’ici par NGE. Pour remporter ce futur appel d’offres, le directeur estime qu’il faut démontrer sa capacité « à être bon partout, être capable de piloter des projets sensibles sur le plan de l’environnement et faire des propositions de travaux, au meilleur prix ».

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Ce meilleur prix, c’est aussi ce que les usagers ne manqueront pas de regarder : nombreux, déjà, sont les détracteurs du contournement à affirmer qu’ils ne l’emprunteront pas en raison du péage. Et d’autres ne manqueront peut-être pas de mettre en perspective, si NGE Concessions remportait le marché, le tronçon de l’A150 et ses 3,10 euros pour parcourir 18 kilomètres… en s’interrogeant sur le montant qu’il leur faudrait débourser pour 41 kilomètres de tracé. Un dossier à suivre…