
Perte de marchés, difficultés économiques… En 2011, l’équipementier automobile Faurecia s’est inquiété du devenir de son site d’Évreux (Eure). Plutôt que de condamner cette unité de production à une fermeture certaine, le groupe a fait le choix d’une reconversion économique en s’associant à un nouveau partenaire, Terranere, équipementier pour cycles.
Le passage aux deux roues se révèle prometteur. Terranere promet d’embaucher, avant l’automne 2015, 50 des 97 salariés de Faurecia. Les produits de la marque Ixow séduisent en France, comme à l’étranger.
La petite marque 100 % française
Terranere, c’est une PME (Petite et moyenne entreprise) née en 2011 sous l’impulsion de passionnés de vélos qui ont développé pendant deux ans, à Bordeaux (Gironde), la recherche et le développement de produits. Le credo de la société ? « Créer des accessoires innovants qui facilitent la pratique du vélo. Des accessoires qui n’entrent pas en concurrence avec les leaders du marché », indique Élodie Bernard, assistante de communication de la marque Ixow.
Le marché des composants pour vélos est, en effet, dominé par trois grands fabricants que sont Shimano (Japon), SRAM (États-Unis) et Campagnolo (Italie), qui équipent à eux seuls 90 % de la production mondiale. Ixow veut devenir la marque de référence, 100 % française, à l’intérieur de ce marché. Et force est de constater que la marque a réussi à se faire un nom. La jeune start-up propose des accessoires inédits pour faciliter le rangement des vélos, leur transport et conçoit des systèmes innovants de dissuasion contre le vol.
En 2013, nous recherchions pour notre site d’Évreux un partenaire industriel crédible, qui s’inscrive sur le long terme. Le choix d’Ixow a suscité de nombreux doutes, au départ. Ils sont tous dissipés », se réjouit le directeur de la communication du groupe Faurecia, Olivier Lefriec.
Un mois d’adaptation des salariés
La rencontre entre les deux équipementiers a été officialisée en 2013, lorsque Terranere était fin prêt à lancer la production de ses accessoires. Faurecia, qui fabrique des tapis et insonorisants pour véhicules, a partagé ses locaux et mis à disposition de la jeune entreprise ses propres salariés, volontaires pour rejoindre les effectifs de la start-up.
Ils ont tous eu une période d’adaptation d’un mois sur les chaînes d’assemblage d’Ixow. L’un des métiers principaux que nous partageons est celui d’assembleur. Mais il fallait que nos salariés s’adaptent au travail sur petites pièces qui nécessite des gestes de précision, détaille Laurent Magalhaes, directeur des opérations de Faurecia. Ce n’est qu’au terme de cette période que nos salariés sont devenus Ixow. »
Développement vers l’Asie ?
Pour permettre cette réindustrialisation, Faurecia a été dans l’obligation d’établir un plan social. Aujourd’hui, une vingtaine de ses salariés ont rejoint la jeune entreprise du vélo. « Faurecia décroît à mesure qu’Ixow grossit », indique le directeur des opérations. À la fin de l’été 2015, 30 opérateurs Faurecia supplémentaires devraient être intégrés aux effectifs de l’équipementier du cycle. « C’est en très bonne voie », se réjouit Laurent Magalhaes. En France, l’équipementier du vélo a passé des contrats avec des distributeurs de cycles et accessoires reconnus comme Savoye, ou des fabricants de cycles comme BMC ou Canyon.
Ixow devrait contractualiser d’importants marchés. « En Inde, un contrat d’exclusivité pendant cinq ans, avec le groupe Tata (NDLR : fabricant de voitures indiennes), est en cours de négociation », confirme Élodie Bernard. « L’Asie, c’est un gage de croissance pour la start-up française. » De 600 000 euros en 2014, l’entreprise prévoit de passer la barre des 7,2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015.