Environ 500 enseignants, parents d’élèves et syndicalistes, étaient réunis, le mardi 17 février 2015, dans la cour de l’école Jules-Guesde, dans le quartier de la Mare-Rouge, au Havre (Seine-Maritime). Trois professeurs y ont été blessés, courant janvier 2015, au cours d’altercations qui ont opposé des enfants de l’établissement. Une autre enseignante a été arrêtée pour « surmenage ». Des violences à répétition qui seraient en partie liées au manque « de moyens et de personnels » au sein de l’école, selon les syndicats et enseignants. Selon les syndicats, sur 107 établissements au Havre, 34 étaient en grève, pour marquer leur soutien, le 17 février 2015.
« Les difficultés augmentent, les moyens diminuent »
S’ils veulent que cela soit l’école de la République, alors qu’ils nous aident !, s’est ainsi indigné Vincent Alès, enseignant à Jules-Guesde, et syndicaliste SNUipp.
Les enseignants et syndicalistes (SNUipp, FSU, CGT, Éducation Sud) étaient, à 9h30, le mardi 17 février 2015, tous réunis pour dénoncer les conditions de travail à l’école Jules-Guesde. Sont remis en cause la sécurité au sein de l’établissement, le manque de moyens, de personnel, l’affectation des aides… Selon les militants, « les difficultés augmentent et les moyens diminuent » :
Nous souhaitons une restauration des moyens que l’on avait. Or, la seule solution qu’a trouvée la direction, c’est le renvoi de certains élèves, alors que ce sont des enfants qui nécessitent une aide particulière. Faire venir la police dans notre établissement, ce n’est pas une solution. Nous avons besoin de plus d’éducateurs, de prévention…
« L’école, ce n’est pas une garderie »
Parmi la foule des manifestants, les parents d’élèves semblent être une minorité. Les grands-parents d’une élève témoignent :
Il n’y a pas beaucoup de parents aujourd’hui. Pourquoi ? C’est une très bonne question ! Il faut du courage pour assumer les conditions ici, et puis, certains parents ne comprennent pas que l’école, ce n’est pas une garderie. Certains ne prennent même pas la peine d’accompagner leurs enfants ou de suivre le carnet de liaison ».
Certains parents, pourtant, se sont mobilisés : « Nous sommes ici pour soutenir les enseignants et les élèves. C’est vrai que ce n’est pas facile pour eux ». Dans la cour, un jeune garçon de l’école confirme : « Il y a trop de bagarres, et ce n’est pas normal ».
« J’y avais mis mes enfants »
Alors que le cortège de manifestants quitte l’école Jules-Guesde pour rejoindre la Maison de l’éducation, un riverain témoigne :
J’habite le quartier et j’y avais mis mes enfants, à Jules-Guesde. Et puis, finalement, je les ai mis dans une autre école, privée… Il y a trop de problèmes de sécurité et d’organisation ici.
Des problèmes dont souhaiteraient débattre les enseignants et parents, afin de trouver des solutions adaptées : « Lorsque nous avons demandé une journée banalisée à l’inspection pour tenter de régler les problèmes, on nous a répondu : nous voulons qu’il y ait plus d’école, pas moins », rappelle, avec colère, Vincent Alès. Au cours de l’assemblée générale prévue mardi 17 février, à 14h, à la Maison des syndicats du Havre, les syndicats débattront des prochaines actions à mener. 74% des professeurs des écoles seraient en grève, au Havre, le mardi 17 février 2015.