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Insertion: sur le bout de la langue

La Maison de l’information sur l’emploi et la formation (Mief) accueille un atelier destiné aux femmes migrantes. L’acquisition du français les aide dans
leur parcours professionnel. Elles échangent en italien, espagnol, arabe, turc ou roumain. Le profil de ces femmes migrantes change au gré des crises mondiales mais toutes ont le même désir: parler français pour trouver du boulot. « Certaines n’ont pas les bases pour accéder à une formation, d’autres ont besoin de clés pour s’orienter dans leurs recherches d’emploi », explique Marie-Hélène de Carvalho, formatrice au Comité d’action et de promotion sociales (Caps).
Karima Mohamed Taieb vient d’Andalousie, en Espagne. Elle lit et comprend le français mais a encore de la « vergüenza » à le parler, comme elle dit, elle a un peu « honte » de faire des fautes. Elle voudrait travailler dans le secteur de l’aide à domicile et vient à la Mief pour vaincre cette « vergüenza » avant d’intégrer une formation à la Croix-Rouge. Dans la petite salle de la Mief, quand les mots ne viennent pas en français, c’est l’italien qui prend le dessus, traduit par Wafae El Ouazzani ou Zakia Laouni, toutes deux arrivées d’Italie et, qui du fait de leur origine marocaine, maîtrisent déjà le français. « J’ai un peu perdu mon français », sourit néanmoins Zakia. Naturalisée italienne, elle s’exprime dans la langue de Dante depuis une dizaine d’années, en plus de l’arabe. Marie-Hélène de Carvalho veille toutefois à ce que le français s’impose à nouveau. « Certaines femmes ne parlent pas le français, même plusieurs années après leur arrivée en France, souligne-t-elle. La tentation est grande de rester dans sa communauté d’origine. »
Gonul, arrivée de Turquie depuis cinq ans, est dans cette situation. Son français est bon mais pas assez fluide pour entamer un parcours vers la restauration collective. Si certaines de ces femmes migrantes ont un niveau d’étude modeste, d’autres, en revanche, ont le bac, voire plus, raconte la formatrice du Caps. « Le profil des migrantes a changé, elles sont diplômées et ne dépendent pas forcément d’un mari, certaines sont célibataires. »
Un rapport du comité interministériel de contrôle de l’immigration (Cici), publié en 2011, pointait que « les femmes représentent plus de la moitié des étrangers appelés à s’installer durablement en France. Elles jouent un rôle essentiel dans le processus d’intégration, notamment de leur famille et de leurs enfants, mais leur accès à l’emploi est plus difficile ». S’inscrivant dans le Pôle d’accompagnement des migrants (Pam), l’action du Caps accueillie par la Mief est proposée dans le cadre du programme régional d’intégration des populations immigrées (Pripi).
L’atelier est ouvert aux femmes « primoarrivantes », les jeudis matin, à la Mief.

La Maison de l’information sur l’emploi et la formation (Mief) accueille un atelier destiné aux femmes migrantes. L’acquisition du français les aide dans
leur parcours professionnel. Elles échangent en italien, espagnol, arabe, turc ou roumain. Le profil de ces femmes migrantes change au gré des crises mondiales mais toutes ont le même désir: parler français pour trouver du boulot. "Certaines n’ont pas les bases pour accéder à une formation, d’autres ont besoin de clés pour s’orienter dans leurs recherches d’emploi", explique Marie-Hélène de Carvalho, formatrice au Comité d’action et de promotion sociales (Caps).
Karima Mohamed Taieb vient d’Andalousie, en Espagne. Elle lit et comprend le français mais a encore de la "vergüenza" à le parler, comme elle dit, elle a un peu "honte" de faire des fautes. Elle voudrait travailler dans le secteur de l’aide à domicile et vient à la Mief pour vaincre cette "vergüenza" avant d’intégrer une formation à la Croix-Rouge. Dans la petite salle de la Mief, quand les mots ne viennent pas en français, c’est l’italien qui prend le dessus, traduit par Wafae El Ouazzani ou Zakia Laouni, toutes deux arrivées d’Italie et, qui du fait de leur origine marocaine, maîtrisent déjà le français. "J’ai un peu perdu mon français", sourit néanmoins Zakia. Naturalisée italienne, elle s’exprime dans la langue de Dante depuis une dizaine d’années, en plus de l’arabe. Marie-Hélène de Carvalho veille toutefois à ce que le français s’impose à nouveau. "Certaines femmes ne parlent pas le français, même plusieurs années après leur arrivée en France, souligne-t-elle. La tentation est grande de rester dans sa communauté d’origine."
Gonul, arrivée de Turquie depuis cinq ans, est dans cette situation. Son français est bon mais pas assez fluide pour entamer un parcours vers la restauration collective. Si certaines de ces femmes migrantes ont un niveau d’étude modeste, d’autres, en revanche, ont le bac, voire plus, raconte la formatrice du Caps. "Le profil des migrantes a changé, elles sont diplômées et ne dépendent pas forcément d’un mari, certaines sont célibataires."
Un rapport du comité interministériel de contrôle de l’immigration (Cici), publié en 2011, pointait que "les femmes représentent plus de la moitié des étrangers appelés à s’installer durablement en France. Elles jouent un rôle essentiel dans le processus d’intégration, notamment de leur famille et de leurs enfants, mais leur accès à l’emploi est plus difficile". S’inscrivant dans le Pôle d’accompagnement des migrants (Pam), l’action du Caps accueillie par la Mief est proposée dans le cadre du programme régional d’intégration des populations immigrées (Pripi).
L’atelier est ouvert aux femmes "primoarrivantes", les jeudis matin, à la Mief.