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Bolbec. Harcèlement présumé chez les pompiers : l’ancien chef de centre mis en examen

L’enquête est rouverte dans le dossier de harcèlement présumé chez les sapeurs-pompiers de Bolbec (Seine-Maritime) : la cour d’appel a mis en examen l’ancien chef de centre.

Sapeurs-pompiers volontaires actuellement en indisponibilité, Renaud Blanc, Stéphane Burel et Dominique Burel sont ravis que l'enquête pour harcèlement au sein du centre de Bolbec soit rouverte.
Sapeurs-pompiers volontaires actuellement en indisponibilité, Renaud Blanc, Stéphane Burel et Dominique Burel sont ravis que l'enquête pour harcèlement au sein du centre de Bolbec soit rouverte.

C’est un arrêt intermédiaire que savourent Renaud Blanc, Stéphane Burel et Dominique Burel. Les trois hommes, sapeurs-pompiers volontaires à Bolbec (Seine-Maritime), luttent depuis neuf ans pour obtenir un procès. Ils reprochent à l’ancien chef de centre des pressions psychologiques et des faits de harcèlement commis dans les années 2000 et qui seraient à l’origine du suicide d’un jeune pompier en 2001 puis de deux tentatives quelques jours plus tard et d’une autre tentative de suicide en 2006.
Jusqu’alors, la justice avait renvoyé les plaignants chez eux, estimant qu’il n’y avait rien prouvant les faits dans le dossier. Pourtant, Renaud Blanc, Stéphane Burel et Dominique Burel ne se sont pas découragés. Renaud Blanc a d’abord sorti trois livres racontant son histoire. Et tous les trois ont été devant la cour de cassation qui, le 28 janvier 2014, avait annulé les non-lieux jusqu’alors prononcés par la justice.

L’enquête est rouverte

Mardi 13 janvier 2015, l’affaire est donc arrivée sur le bureau de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Caen (Calvados). Son arrêt rendu mardi 17 février 2015 rouvre l’enquête.
L’ancien chef de centre est mis en examen et des investigations supplémentaires ont été demandées. L’enquête a été mise entre les mains du juge d’instruction de Lisieux qui aura donc à démêler cette affaire complexe. Pour Renaud Blanc, c’est un soulagement.

C’est une bonne nouvelle pour nous parce que la justice s’aperçoit que certaines choses n’ont pas été faites dans le bon sens. De nouveaux éléments sont à venir et l’enquête est rouverte».

Aujourd’hui écartés du centre de Bolbec et en indisponibilité, les trois hommes assurent qu’ils ne veulent pas jeter l’opprobre sur toute une profession mais bien faire reconnaître leurs droits et « briser ce tabou dans la profession ». Il ont ainsi créé une association, Harcèlement 18, et un numéro d’appel d’urgence pour répondre à la détresse de certains sapeurs-pompiers : 07 82 86 16 98

Il ne s’agit pas de se positionner contre notre corporation mais de dénoncer un manquement dans un système qui ne devrait pas en avoir », assurent les trois hommes.