(fil-fax 04/02/15)
Le rapport sur le mal logement en France, rendu public mardi par la Fondation de l’Abbé Pierre invite les collectivités à mieux orienter leurs politiques en faveur du logement des personnes défavorisées. Dans un contexte de crise économique généralisée, la Fondation note que, malgré une augmentation sensible « ces dernières années » du nombre d’hébergements, les capacités d’accueil en hébergement ou en logement restent partout trop faibles « face à l’accroissement des demandes ».
La Fondation explique que la « gestion de la pénurie » est à l’oeuvre au niveau des aides distribuées par les Fonds de Solidarité pour le Logement (FSL). Face à une recrudescence des demandes, de nombreux Départements y compris parmi les plus investis en matière de lutte contre la mal logement resserrent désormais les conditions d’octroi de leurs aides, pointe la Fondation Abbé Pierre. « En Seine-Maritime, le resserrement des critères d’accès au FSL a conduit entre 2007 et 2011 à une diminution de 18 % du nombre de ménages aidés », note le rapport. Un tau de refus « compensé depuis 2012 » et des « montants plus élevés », explique à son tour le Département qui indique avoir sensiblement augmenté en un an le montant du FSL (3,6 M€ en 2013, 5,6 M€ en 2014).
« La production de logements est insuffisante » clame encore la Fondation Abbé Pierre. Une observation qui trouve un écho régional ce mardi 3 février à Gisors où le maire UMP Alexandre Rassaërt vient de donner un avis négatif à un projet de construction sur sa commune de logements sociaux porté par la Société d’Economie Mixte du Logement de l’Eure (Secomile). Ce projet de 100 logements sociaux avait été approuvé et souhaité par la municipalité communiste précédente. Dans un communiqué, Alexandre Rassaërt justifie sa décision par la nécessité de diversifier l’offre de logements dans la commune. « Depuis le mois d’avril 2014, le promoteur avait fait de réels efforts pour s’adapter à nos exigences. (…) Toutefois ces améliorations se sont révélées insuffisantes au regard de la promesse que nous avons faite aux Gisorsiennes et Gisorsiens », explique le maire. Une promesse qui tient en une phrase : Stopper la construction de logements sociaux puisque « Gisors remplit largement ses obligations avec un taux de logements sociaux de 35% bien au-dessus du seuil légal actuel de 20% ».
1,8 million de demandes en attente
La Fondation Abbé Pierre estime que le total de 8 millions de mal-logés et de personnes fragiles est un « minimum ». Et que ce sont sans doute « plus de 10 millions de personnes qui subissent en réalité les conséquences de la crise du logement ». En France, 138.800 nuitées d’hébergement d’urgence ont été attribuées par le 115 lors de l’hiver 2013 – 2014 pour 355.000 demandes. Les 467.000 logements sociaux ont été attribués sur la même période 1,8 million de demandes en attente.