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Tous les articles par Lunecile

  • Winter tag !

    Hello, hello ! Je ne sais pas vous, mais je trouve qu’il y a de plus en plus un petit air de Noël dans les villes, dans les magasins,… et aujourd’hui, je vous retrouve pour vous faire un taaaag ! Let’s go ! Question 1 : En cette saison, quel est ton…

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  • Xmas Wishlist

    Hello les filles ! J’espères que vous allez bien ! Aujourd’hui, je reviens avec ma Wish List de Noël ! Avant de commencer, je sais très bien que je n’aurais pas tout mais je fais cette WishList pour donner des idées à certaines car je sais que j’ai galérer…

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  • Marilyn Monroe – Interview de Dottie Mayfield, modèle new-yorkais

    Charmant lecteur, c’est une première dans la rubrique Marilyn Monroe, une interview ! Faut dire que la Marilyn en question est pas facile à avoir, étant donné son planning de ministre – de maîtresse de ministre. Ajoutons à cela qu’aujourd’hui il ne reste probablement plus d’elle, parmi le monde matériel des atomes, que sa perruque dans le ventre d’un cimetière. Alors penchons-nous sur d’autres cas. Celui de Dottie Mayfield, par exemple, un modèle new-yorkais qui, de par son apparence et ses choix esthétiques, rappelle inéluctablement la Belle. Mais dites-nous, Dottie, ce serait pas super dur de vivre dans l’ombre de Marilyn Monroe ?

     

     

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    Photo by Agnes Fohn

     

     

    Gibet : Comment tu es devenue modèle ?

     

    Dottie : J’ai décidé de devenir mannequin à seize ans, mais les codes esthétiques en vigueur dans le mannequinat m’ont empêché de réaliser ce rêve à l’époque. J’ai dû attendre la vingtaine pour m’accepter et prendre la décision de me lancer, en tant que femme ronde.

     

    Gibet : Dans quelle mesure la figure Dottie Mayfield est une construction ?

     

    Dottie : La seule part de Dottie Mayfield qui soit construite est le nom, parce que ce n’est pas mon vrai nom. Je voulais un nom qui représente mieux tout ce que je suis et aspire à être. J’ai choisi d’avoir un nouveau nom surtout pour préserver ma vie privée. Pas de chirurgie esthétique ou de trucs de ce genre, je n’ai pas changé mon corps. J’ai toujours été Dottie, je n’utilisais peut-être pas ce nom avant, mais le « véritable moi », que j’ai appris à accepter, je lui donne ce nom.

     

    Gibet : Tu es modèle à plein temps ?

     

    Dottie : Je suis modèle à temps partiel, mais ça ne me dérangerait pas de gagner ma vie en tant que mannequin.

     

    Gibet : Être modèle, c’est une fin ou un moyen ?

     

    Dottie : Je suis aussi actrice et je continue à chercher des rôles variés pour me faire un book. Mes objectifs principaux, dans ma carrière d’actrice, sont de devenir une vraie actrice comique, j’adore faire rire et j’adore aussi chanter. Alors je prends des cours de chant et j’essaie de développer mes capacités au maximum. Aussi, je suis coiffeuse, maquilleuse, photographe en devenir, j’ai tellement d’objectifs, ça va de « ouvrir mon propre restaurant/pâtisserie » à « travailler avec des designers pour créer une marque de vêtements ».

     

     

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    Photo by Agnes Fohn

     

     

    Gibet : Tu le disais au début, tu as une silhouette toute en courbes. Est-ce que ça t’a déjà posé des problèmes concrets, dans tes activités de modèle ?

     

    Dottie : Oui. Il y a des moments passagers d’engouement général, pendant lesquels on rejette ou admire les courbes. Je pense que quelle que soit la tendance du moment, il est important de s’accepter pour ce qu’on est et de s’aimer.

     

    Gibet : J’ai remarqué que certaines photos tendaient à effacer ces courbes, à te faire rentrer dans les codes justement. Qu’est-ce que tu en penses ?

     

    Dottie : Souvent les photographes restent derrière la barrière de sécurité, pour que leur travail soit accepté socialement, ou parce qu’ils ont décidé que c’était ça qui était le plus beau, selon leur perspective artistique. Personnellement, je suis impatiente de travailler avec un photographe qui se réjouit de mes formes.

     

    Gibet : Je t’ai découverte car tu es la fiancée de Tony Vitti, un crooner expatrié que je suis depuis longtemps. Comment tu l’as rencontré ?

     

    Dottie : Appelez ça destin ou hasard, mais au bout du compte, c’est juste de la chance. Il avait besoin d’une pin-up pour un projet et j’avais besoin d’un homme avec ce charme d’autrefois, et nous sommes tombés amoureux. Quant à son projet musical, qui continue à grandir et évoluer, il a beaucoup de fans, moi y compris, qui attendent patiemment que cet artiste si talentueux nous offre d’autres merveilles.

     

    Gibet : Est-ce que tes goûts se limitent à la période pin-up ?

     

    Dottie : J’aimerai toujours les pin-ups et la plupart des films et musiques des années 1900 à 1950, mais j’ai aussi un amour profond pour la Renaissance, la culture grecque, et une grosse passion pour les monarchies, et les trouvailles architecturales et archéologiques du monde entier.

     

     

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    Marilyn dans un photoset qui semble avoir inspiré Agnes Fohn

     

     

    Gibet : Partout dans ton univers je vois des allusions à Marilyn Monroe. Je suis taré ou c’est une véritable influence pour toi ?

     

    Dottie : Je suis née blonde. J’ai essayé beaucoup d’autres couleurs, mais je me sens plus à l’aise avec le blond platine. À la fin de mon adolescence, j’ai découvert qui était Marilyn Monroe parce qu’on me disait tous les jours que je lui ressemblais. Selon moi, je suis juste attachée à une ère passée où les femmes portaient des boucles serrées et du rouge à lèvres rouge. Marilyn Monroe est devenue un personnage si intemporel que de nos jours, n’importe quelle femme aux cheveux blonds et aux lèvres rouges peut s’entendre dire qu’elle lui ressemble. Cependant, même sans maquillage et sans brushing, on m’a toujours dit que je lui ressemblais. Les gens voient ce qu’ils veulent voir, et si ça leur fait plaisir de voir ça chez moi, ça me rend contente pour eux

     

    Gibet : Donc tu t’en fiches de Marilyn Monroe ? C’est plus un poids qu’un plaisir d’être comparée à elle ?

     

    Dottie : Où que j’aille, je croise Marilyn Monroe. Quand je vais faire mes courses, des jeunes filles m’abordent en tremblant, elles empoignent leur entourage et crient « Oh mon Dieu ! Tu es le portrait craché de Marilyn ! ». Elles me demandent une photo et je suis heureuse de les rendre heureuse. J’entends les murmures et les cris, je sens les doigts pointés dans les rues de Manhattan et les allées des supermarchés, « Regarde, regarde, c’est le portrait craché de Marilyn. » Les gens m’arrêtent et me demandent, les larmes aux yeux, s’ils peuvent me faire un câlin. Comment je pourrais m’énerver contre Marilyn alors que je vois tous ces gens qui l’aiment avec la même intensité 50 ans après sa mort ? Même cette interview avec toi a été principalement motivée par Marilyn et son influence sur moi.

     

    Marilyn Monroe, c’est un personnage que Norma Jean a développé pour mettre en cage sa vraie personnalité, pour échapper à la souffrance qu’elle devait porter et peut-être que j’ai fait la même chose en créant Dottie Mayfield. Elle veut être aimée, pas prise en pitié. Plus le temps passe, plus j’en découvre sur Marilyn, plus je me rends compte qu’on a beaucoup en commun. Tellement en fait que pour être tout à fait honnête ça m’a fait un peu peur. Par exemple j’ai fait un voyage jusqu’au bout de Long Island, j’ai trouvé la ville de Amagansette et j’en suis tombée amoureuse. Je ne voulais pas partir. Je me suis sentie liée à cet endroit de manière inexplicable. Cet endroit me semblait très familier. Quand je suis rentrée chercher des hôtels pour y rester plus longtemps, la première chose que je vois c’est que c’était un des endroits préférés de Marilyn à Long Island et qu’elle y avait loué une maison avec un de ses maris.

     

    J’ai eu une enfance très difficile. Je viens notamment d’une famille où les maladies mentales sont très fréquentes. On m’a fait vivre chez les autres, mise en famille d’accueil, tout comme Marilyn. J’ai toujours aimé Jean Harlow, elle est une des plus grande influences dans ma carrière et personnellement j’ai souhaité lui ressembler. Ensuite j’ai découvert que Marilyn l’adorait profondément aussi. Nous sommes toutes les deux de vrais rats de bibliothèque, nous avons toutes les deux l’habitude de nous donner toute entière, nous attendons de nous-mêmes la perfection, et sommes sévères lorsque nous n’atteignons pas les objectifs que nous nous étions fixés. Ses choix en matière d’homme sont très clairs pour moi, je peux complètement comprendre les raisons qui les motivent. Les hommes avec qui elle choisissait d’être lui procuraient une stimulation solide et une sécurité émotionnelle, peu importe leur compatibilité dans d’autres domaines. Elle voulait construire une famille à tout prix, puisque qu’elle n’en avait pas eu dans son enfance et qu’elle se sentait très seule. Au bout d’un moment, elle a découvert que même ces hommes pouvaient partir et le faisait inévitablement. Elle croyait au grand amour mais ne l’a trouvé qu’en recevant celui de ses fans. Elle leur a permis de devenir la famille qui lui manquait et les aimait entièrement. Moi, j’ai eu la chance d’avoir des enfants, mais j’ai souffert de mauvais choix de partenaires, et n’ai pas pu créer un environnement familial sain et stable. Plus ma carrière avance, plus j’avance, plus je découvre les sensations que l’amour des fans peut me procurer, et plus je ressens une affection profonde pour eux.

     

     

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    Jean Harlow portait des pyjamas un poil plus sophistiqués

     

     

    Au début, être comparée à elle m’inquiétait, mais ce n’était jamais un fardeau. La question est : est-ce que quelqu’un comprendra qui est Dottie Mayfield ? Est-ce que ça intéressera quelqu’un ? Peut-être qu’il ne veulent que cette babiole : vivre le fantasme de posséder un morceau d’icône ? Ensuite venait la peur. Comment moi, Dottie Mayfield, pourrais-je jamais me hausser au statut iconique de Marilyn ? Tout ça me semblait impossible. Il y en a tellement qui s’attendent encore à ce que je sois comme elle que j’ai peur qu’ils soient déçus quand ils verront qui je suis, et bien que je m’identifie à Marilyn Monroe et admire son courage, je ne suis pas une imitation, je suis celle que je suis, Dottie Mayfield.

     

    Je n’ai jamais essayé de ressembler à Marilyn mais il se trouve que je suis incapable de lui échapper, même si je le voulais. Est-ce que c’est une bénédiction d’être comparée à une icône ? Peut-être. Mais en voyant nos deux vie se synchroniser comme ça, je suis capable de m’en détacher, avec l’aide des mots qui ont le plus influencé ma vie, des mots qui viennent de cette icône qui m’entoure tous les jours et d’une certaine manière vit peut-être encore à travers moi : « Crois toujours, toujours, toujours en toi-même, car si tu ne le fais pas, qui le fera, ma puce ? ».

     

    En ce moment je souhaite produire des choses plus concrètes pour le plaisir de mes fans, comme des films ou peut-être bientôt de la musique. Je ne suis pas pressée d’être célèbre, j’apprécie beaucoup d’avoir mon intimité, et je tiens à prendre mon temps sur des projets qui sont artistiquement satisfaisants et conformes au projet que j’ai en tête.

     

     

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    Photo by Agnes Fohn

     
  • Marilyn Monroe – Interview de Dottie Mayfield, modèle new-yorkais


    Charmant lecteur, c’est une première dans la rubrique Marilyn Monroe, une interview ! Faut dire que la Marilyn en question est pas facile à avoir, étant donné son planning de ministre – de maîtresse de ministre. Ajoutons à cela qu’aujourd’hui il ne reste probablement plus d’elle, parmi le monde[…]

     
  • Orson Welles contre les voleurs

    Marre des aventures Premiers Plans, petit lecteur ? T’inquiète ! On va parler d’autre chose aujourd’hui, on va parler de cinéma. Voilà en fait c’est une nouvelle que j’ai fait pour le concours Pierre Lescure 2014 – j’avais tenté l’édition 2012 en 2012 souviens-toi – et cette fois-ci je suis allé en finale nationale mais j’ai perdu, ou du moins pas gagné, car ils m’ont simplement envoyé un palmarès dans lequel je n’étais pas. À chaque fois, dans ce concours, il faut faire une nouvelle liée au cinéma. Le plus drôle dans cette histoire est que mardi j’ai emprunté Dossier Secret d’Orson Welles en DVD à la BU et sur le DVD il y avait Othello.

     

     

     
  • Orson Welles contre les voleurs


    Marre des aventures Premiers Plans, petit lecteur ? T’inquiète ! On va parler d’autre chose aujourd’hui, on va parler de cinéma. Voilà en fait c’est une nouvelle que j’ai fait pour le concours Pierre Lescure 2014 – j’avais tenté l’édition 2012 en 2012 souviens-toi – et cette fois-ci je suis[…]

     
  • Premiers Plans 2015 – Jours 2, 3 et 4


    Samedi 17 Aujourd’hui, tu vas pouvoir souffler, j’ai vu suffisamment de films pour ne pas perdre ton temps à détailler mes anecdotes. Quand même, pour info, je suis à peu près certain – à 97 98% – d’avoir fait pipi à côté de Dominique Besnehard aux urinoirs du Centre des congrès. J’ai pas osé[…]

     
  • Premiers Plans 2015 – Jours 2, 3 et 4

    Samedi 17

     

     

     
     

    C’est mon anniv alors j’aime bien cette journée d’avance, même si je ne pratique les anniversaires que discrètement. De toute façon, le véritable événement du 19 janvier, c’est que Depardieu et son nez sont en ville. Enfin je peux pas vous le confirmer à 100 % car, les singes n’allant pas au zoo, je suis pas allé le voir. Bien sûr il y a des photos, des vidéos, des témoignages, mais on est 2015, on n’est pas dupes, on sait jusqu’où ils sont prêts à aller pour nous entuber… Une fois encore on se moqua des remarques maladroites de Depardieu, comme si c’était du devoir des acteurs d’être des intellectuels. Il aurait pris la défense de la Russie en affirmant que les prisonniers y sont très bien nourris. J’aimerais bien prendre parti mais j’ai jamais mangé dans une prison russe.

     

    Pain, amour, ainsi soit-il, Dino Risi, 1955

     

     

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    Belle petite comédie, beaucoup plus anodine et légère que les quatre films de Risi vus jusqu’alors à Premiers Plans. Ce qu’on perd en noirceur, on le gagne en efficacité, et pfiou les gens se marrent follement dans cette petite salle des 400 coups, essentiellement il faut le dire remplie ce matin de vieilles bourgeoises qui, exaltées comme elles n’ont jamais été, s’empresseront d’appeler leur mari à la fin de la séance : « Ça y est, Alain, j’ai joui ! ». Cela dit, je ne perçois pas trop l’apport de Risi à l’affaire, j’ai l’impression de voir un film de commande qu’à peu près n’importe qui aurait pu tourner à la même époque, par exemple aux États-Unis, avec Cary Grant dans le rôle du Maréchal, Marilyn Monroe dans le rôle de Sofia et Grace Kelly dans celui de Violante.

     

    Ne te méprends pas, je suis pas le fesse-cahiers des Cahiers, c’est pas grave du tout que Dino Risi parvienne à s’effacer le temps d’un film enjoué, c’est même au contraire un signe de vivacité exemplaire.

     

    Le Bal du samedi, Dino Risi, 1953

     

     

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    Le Bal du samedi, c’est un court-métrage extrait d’un film à sketches intitulé L’Amour à la ville, qui regroupait Marco Ferreri à la production et entre autres, à la réalisation, Fellini, Antonioni et, donc Risi. Ça calme. Comme d’hab, Antonioni essaie d’être le plus marrant du lot en filmant face à un drap blanc le témoignage de deux meufs qui ont tout raté, y compris leur suicide d’amour. Le segment de Risi, quant à lui, s’inscrit dans la tradition Tati Étaix du burlesque d’observation tendre mais sans pitié, et s’avère être super frais et mimi.

     

    Risi, le pessimiste joyeux de la comédie italienne, Emmanuel Barnault, 2008

     

     

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    Barnault parle à mille à l’heure, encore plus vite que Vittorio Gassman en fanfaron, et son collègue chercheur parle bien : ils sont sympathiques, mais on est à la limite du Circulez y’a rien à voir car c’est vraiment le 52 minutes TV classique, qui danse autour de son sujet au lieu de creuser au cœur. Ce que ça dit de la comédie à l’italienne, si on met à part le factuel que je maîtrise pas du tout – au fait j’ai remarqué que les gens en italien, ou en tout cas dans l’italien de Risi, disent « Ignorante ! » pour se traiter d’idiots et « Ordinario ! » pour se traiter de vulgaires personnages, fascinant n’est-ce pas ? – je l’avais deviné comme un grand au bout de cinq ou six films de Risi. Malgré tout, on peut voir plein de gens qui ont côtoyé Risi, et même Risi en personne, tous en fin de vie, et ça a au moins le mérite de capter des voix qui sont sur le point de se taire à jamais. Aussi, le film utilise des bouts des Monstres et ça m’a permis de vérifier que les sketches pris isolément fonctionnent tous à peu aussi efficacement.

     

    Eh petit lecteur, tu sais que je participe activement à Radio Campus Angers cette année, Cine qua non, 20h 21h, un mardi sur deux ? Or à Radio Campus Angers, il y a une quotidienne d’info, Le Sous-marin, et Le Sous-marin, à l’occasion de Premiers Plans, se consacrait au cinéma. Ainsi je fus appelé à chroniquer en immersion deux fois par jour, avec l’aide en général d’un poulain du Jury étudiant qui décerne le prix du Meilleur Film d’école. Si tu cliques sur l’image, tu auras le podcast de la première émission, avec en invité un gros ours nommé Bertrand Blier.

     

     

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    Par révérence envers le monsieur, j’ai dû couper deux gags qui pourtant étaient les plus drôles gags de la chronique, peut-être les plus drôles gags de toutes mes chroniques, de toute ma vie, que dis-je, une péninsule, mais bon c’est la vie des médias. Voici les gags :

     

    « Victor : Je suis très content qu’on commence par la rétrospective Bertrand Blier car c’est mon cinéaste favori !

    Jean : C’est votre cinéaste favori, Bertrand Blier ?

    Victor : Ouais, pourquoi pas ?

    Jean : Vous déconnez, c’est même pas le cinéaste favori de sa propre mère, Bertrand Blier. »

     

    « Victor : Dans ce cas, soyez redevable, Blier a eu la politesse de nous épargner ses pires films en demandant aux programmateurs de faire une rétrospective non intégrale !

    Jean : Ah bon, il a enlevé ses pires films ? Alors pourquoi il en reste ? »

     

     

    Marc Jacobs, Sam de Jong, 2015


     

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    Sivas, Kaan Müjdeci, 2015

     

     

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    critique à venir

     

     

    Spartacus et Cassandra, Ioanis Nuguet, 2015

     

     

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    critique à venir

     

     

    Sortie de séance au-delà de minuit, j’ai grave le dalle. Je me dis fais-toi plaiz mon pote, c’est ton jour bougie: tu vas aller dans un kebab mais pas le kebab de d’habitude – pas Fry Chicken avec son thé à volonté, sa sucette offerte et sa viande aléatoire (putain ça me fait saliver d’écrire viande aléatoire, j’ai envie de tout lâcher de m’en faire un double dose avec supplément cheese, pas savoir si ça va être délicieux ou à gerber ça me rend dingo comme un jour de tiercé) – un kebab totalement inédit ce sera forcément bon car même si c’est mauvais ce sera nouveau et le nouveau quel que soit son contenu c’est pas moi qui le dis a une valeur cathartique. C’est parti pour l’aventure, confiance dans le hasard, je m’arrête au premier venu – Coq Minute, Place Hérault. Ivre de ma témérité, je lance audacieusement : « Un amerloque à emporter, siouplé ! » Le cuistot se retourne. Bam. C’est un type de Fry Chicken.

     
  • Premiers Plans 2015 – Jour 1

     

     

    Vendredi 16. Je me lève beaucoup trop tôt pour un film beaucoup trop long mais c’est moins pire que se lever pareil pour un enterrement beaucoup trop cher ou une coloscopie beaucoup trop sèche et j’ai un badge presse alors fièrement je traverse Angers et je compose en ma tête des raps égotripiques – j’ai un badge presse / c’est bon maint’nant je pèse.

     

    Au fait, tu connais le festival Premiers Plans ? Aie pas honte de dire non – moi y’a cinq ans j’en avais jamais entendu parler alors que je savais déjà ce qu’était un zoom arrière et une brouette espagnole. Pour ta défense, la notoriété de Premiers Plans est un peu bancale. A la fois c’est un festival incontournable – si t’es un cinéaste européen du circuit traditionnel et que t’as fait tes premiers films après 89 t’y es forcément passé – et un événement assez confidentiel hors région. Dans Les Cahiers du cinéma, Premiers Plans a rarement le droit a plus d’une moitié de page dans les feuilles news intermédiaires que personne ne lit. Dans les autres magazines spécialisés, zéro trace. Je vous laisse évaluer les causes pendant que je déroule devant vous les Premiers Plans Origins.


    Premiers Plans, donc, a lieu pour la première fois en janvier 1989, à l’initiative de Claude-Éric Poiroux, le Mister Ciné de la Ville d’Angers, aussi responsable de la création de la seule salle valable en la cité, Les 400 coups. Premiers Plans c’est d’abord, via trois ou quatre rétrospectives, l’opportunité de revoir plein de films plus ou moins récents, plus ou moins rares, plus ou moins européens – je dis ça car progressivement le festival s’est ouvert, et aujourd’hui on peut voir des films américains ou asiatiques dans ce pan disons patrimonial. En 1989, on avait les deux sélections suivantes : La Nouvelle Vague a 30 ans, et La production française de 1959. Ça te fait pas trop rêver ? L’année dernière, il y avait, liste non exhaustive, les œuvres intégrales de Lars Von Trier, Patrice Chéreau, Robert Bresson et Bo Widerberg – BAM. 


    Mais l’enjeu principal du festival reste le suivant : aller chercher les nouveaux cinéastes européens à la sortie de l’école, et les accompagner jusque dans le grand chemin du Cinéma le vrai celui à propos duquel on dit que c’est une grande famille. En 1989, c’est la française Patricia Mazuy qui a reçu le Prix du Public et, avec sept longs dans les pattes, elle est toujours en activité aujourd’hui. Après faut pas non plus rêver, c’est pas parce que t’as eu la médaille Premiers Plans que tu vas pouvoir manger des tagliatelles jusqu’à la mort ; la même année Vasili Pichul, un sympa soviétique, remportait le Grand Prix et l’année suivante il laissait tout tomber.


    L’accompagnement des jeunes réals par le festival, cela dit, est effectif, a fortiori depuis la création par Jeanne Moreau en 2004 des Ateliers d’Angers. A chaque fin d’août, Angers accueille en résidence une petite dizaine de réals qui ambitionnent de passer du court au long et leur donne toutes les astuces de l’art et du biz. C’est comme un deuxième petit bout de festoche dans la mesure où chaque journée aux Ateliers commence par une projection / masterclass, prodiguée par un intervenant en général super chic, et ouverte au public.

     


    les-valseuses

     

     

    Dans la toute première salle de la toute première projection, les meilleures places sont réservées. Un chuchotement fébrile saute de bouche en oreille : on se demande qui le festival peut bien avoir invité à une pareille séance, le matin première heure, docu chinois de quatre plombes, sujet un hôpital psychiatrique abominable. Qui Claude-Éric déteste à ce point ? Une sorte d’ouvreuse habilitée nous annonce que c’est pour une délégation chinetoque. Là je rage : est-ce que moi je vais squatter les bons sièges quand y a une projo de La Cambrousse par Depardon à Pékin ? Non, et d’ailleurs, je vois pas pourquoi j’irais voir les films de Depardon où que ce soit alors que la cambrousse qu’il nous montre je peux y être ce soir si je pars tout de suite. Un peu plus tard, l’ouvreuse me dit que non elle ne leur a pas précisé que prendre des photos pendant la séance était interdit. Alors tous on panique, on cherche dans un petit lexique français tinois comment formuler ça le plus clairement possible. Finalement ce sont pas vraiment des asiats qui prennent place, mais des occidentaux qui aiment bien les asiats, un genre d’assoc. Tout le monde est en même temps soulagé et déçu.

     

    À la folie, Wang Bing, 2015

     

     

    à la folie 2

    (clique sur la photo pour lire ma tritique)

     

     

    Le soir, je mets ma plus belle veste, qui est très laide, pour la Cérémonie d’ouverture. Une manif barre l’entrée du Centre des congrès, le lieu de tous les temps forts du festival. Très embarrassé, je leur crie : « MOI AUSSI JE SUIS CHARLIE ! » ; ils me répondent « NON AUX LICENCIEMENTS ! ». Je ne comprends pas bien cette réponse étant donné que s’il y a bien un avantage dans les attentats du 7 janvier c’est que ça a créé de l’emploi.

     

    Néanmoins, voici le plus beau passage de leur tract. « THYSSENKRUPP ELEVATOR MANUFACTURING FRANCE Nous nous battons pour sauvegarder des emplois, C’est possible ! Il existe des solutions alternatives pour faire face aux difficultés de notre site. > L’usine d’Angers fabrique un modèle d’ascenseur milieu de gamme, adapté au marché Européen, et sans équivalent au sein du groupe. L’abandon soudain de ce produit met en péril l’avenir des ventes de Thyssen. Nous demandons à poursuivre la fabrication de cet ascenseur. » C’est amusant comme, dès qu’un festival de cinéma commence, tous les narcissismes se réveillent.


    La Cérémonie se déroule sans émoi – c’est toujours comme ça à Premiers Plans la véritable cérémonie d’ouverture a en fait lieu à la première séance de la compétition le lendemain – comme si y’avait une première cérémonie pour l’administration et une autre pour le glam. Deux incidents amusants cependant. À un moment, Christophe Béchu, le maire d’Angers (je rentre pas les détails car on n’est pas là pour taper le Larousse mais notez bien que c’est un méchant de droite sans aucune finesse transposable sans ajustement dans un cartoon – « je prends l’argent des faibles pour acheter des caméras de surveillance »), a voulu tenter comme tout le monde sa petite allusion à Charlie Hebdo. Au bout de trois phrases il s’exclame « Quand j’ai entendu ça, j’ai eu les larmes aux libertés » ; on s’est tous regardés. « Monsieur Béchu, vous êtes sûr que c’est ce que vous vouliez dire ? – Pourquoi, j’ai dit quoi ? – Les larmes aux libertés. – C’est pas comme ça que ça s’appelle ? – Les yeux ? – Oui. – Bin non. – Ah. Et ça désigne quelle partie du corps l’autre mot que j’ai dit ? ». Personne ne savait répondre alors on s’est tous promis de ne plus utiliser ce mot, et surtout pas dans ce contexte.


    La second incident était plus attendu. Comme tous les ans, Yves-Gérard Branger, le président de l’association Premiers Plans, a commencé son discours par « Je vous souhaite mes meilleurs vœux pour l’année 1989 » et, comme tous les ans, la phrase a été suivie d’un long silence embarrassant. Heureusement, c’est la seule marque temporelle de son papier et dès que l’intro est passée, ça coule tout seul. On a même vu des éditions où chaud bouillant il tendait le micro vers le public qui en chœur récitait la fin à sa place.

     

    Au fait, grâce à mon badge presse j’ai eu le privilège d’être assis au premier rang ! Je pouvais voir tous les détails de la peau de Bertrand Blier ! J’ai même eu un contact avec Claude-Éric Poitoux ! « Vous pourriez vous déplacer dans la moitié du premier rang consacrée aux péquenots ? » qu’il m’a fait comprendre d’un geste ! J’étais aux anges ! Puis le film a commencé et les stars ont quitté le premier rang car ils avaient réservé une choucroute pour quinze à la Brasserie du Maître Kanter. Je m’arrête là pour aujourd’hui car j’essaie d’avoir un meilleur badge, peut-être Invité ou Accompagnateur scolaire je sais pas, mais depuis cette séance j’ai trop larchouma avec mon badge presse.

     

    Snow Therapy, Ruben Ostlünd, 2015

     

     

    force majeure 1

    (clique sur la photo pour lire ma tritique)

     
  • Premiers Plans 2015 – Jour 1


    Vendredi 16. Je me lève beaucoup trop tôt pour un film beaucoup trop long mais c’est moins pire que se lever pareil pour un enterrement beaucoup trop cher ou une coloscopie beaucoup trop sèche et j’ai un badge presse alors fièrement je traverse Angers et je compose en ma tête des raps[…]

     
  • Marilyn Monroe – D’août à décembre

    Coucou toi. J’avais ces quelques cokes en stock et je sais pas pourquoi je les avais pas mis sur le blog, alors voilà je les mets – mes aventures Marilyn d’août à décembre 2014 – et toujours le périple continue sur mon tumblr Par hasard Marilyn – et ensuite on verra mais je pense ça vaut le coup si tu nous kiffes de pas te barrer trop loin d’ici.

     

     

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    Ève, Joseph Mankiewicz, 1950

    Premier indice de taille : sur la jaquette du DVD, Marilyn Monroe n’est pas du tout mise en avant, y’a ni sa photo ni son nom ni rien du tout elle serait pas dans le film que ça changerait rien. En comparaison, pour un rôle équivalent, sur la jaquette de Chérie je me sens rajeunir ou  La joyeuse parade, y’a sa fiole en grand sur la boîte, son patronyme en capitales d’or. On sait donc, en entrant dans Ève, qu’on va pas se taper un mouvi qui a Marilyn pour seul et maigre argu. Après, je suis pas entièrement emballé par le film car son rythme est un peu flop, mais, au moins, les dialogues sont excellents, et le dévouement de Bette Davis, qui hésite pas à se montrer dans le dénuement le plus absolu, la gueule pommadée, l’orgueil à fleur de peau, est vraiment touchant. Il n’y a pas grand-chose à dire de Marilyn, qui fait le taf dans le temps qui lui est imparti. Bref : rien à signaler, le film est à la hauteur de sa réputation, Marilyn est en train de naître, les vaches sont bien gardées.

     

     

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    Poupoupidou, Gérald Hustache-Mathieu, 2011

    Y’a deux films dans ce un film, et faut dire qu’y en a un qui est bien meilleur que l’autre. D’un côté, il y a l’histoire de Martine Langevin aka Candice Lecoeur, une para-Marilyn from les bouseux, et ça c’est top, c’est finement mis en scène (la séquence où Martine découvre son pouvoir de meuf sexuelle à la péhem est exemplaire), et Sophie Quinton, sur qui sérieux j’aurais pas misé tu me l’aurais donné j’aurais fait ouais chais pas on va plutôt arrêter ce projet on y arrivera jamais, elle te gère tous les échelons du 0 au 17000 sans se fouler – elle est juste en Martine naïve qui sait pas encore qu’elle sera une star, juste en Candice en fin de course qui sent son empire s’étioler – j’étais pas convaincu, Sophie, mais tu m’as persuadé.

     

    L’autre film, c’est un romancier, joué par un Jean-Paul Rouve assez crevé genre lendemain de barathon, qui enquête sur la mort bien cheloue de ladite Candice, et ça a tendance à être un peu fade – je soupçonne la tévé d’être responsable, dans la mesure où t’as plein de gags et situations qui sont niqués par un cadrage trop serré – quand c’est pas carrément naïf. La fin du film, franchement, ça rime à quoi ? Jean-Paul Rouve s’apprête à rentrer à Paris, et apparemment il a rangé toutes ses affaires dans les valises sous ses yeux (lessivé qu’il est, aussi peu éveillé qu’un modèle de Bresson), et il retrouve une lettre que Candice lui avait envoyé. Dedans elle dit : « oui voilà j’adore ce que vous faites biz biz au fait je vous aime ». T’es sûr, Hustache ? Dans l’absolu, ça sort pas de nulle part, on est d’accord, ça va au bout d’une certaine logique enclenchée dès le début du film. Mais fallait-il vraiment expliciter, en remettre une double couche à la fin ? Et aussi, t’as pas l’impression que c’est giga-narcissique comme chute ? Beh ouais, on a bien compris que Rouve (plus à plat que le lapin pas Duracell après le sprint) c’était ton double à l’écran. Il partage tes doutes d’auteur, il a écrit un roman qui s’appelle La Chatte andalouse, comme un de tes courts-métrages (je l’ai vu d’ailleurs j’étais en première L, c’était une journée un peu embarrassante mais j’avais bien aimé car il y avait des moulures de bites et de chattes bleues et Sophie Quinton qui au milieu de tous ces sexes fiers faisait semblant d’être timide), et il finit par écrire un roman sur Candice qui s’appelle Poupoupidou – c’est le titre du film !!! Donc, en gros, Hustache, tu crois que t’es l’homme parfait pour Marilyn ? Mais pour qui tu te prends ? C’EST MOI SON MEC À MOI, J’AI DES LUNETTES

     

    En plus c’est con car si t’avais pas eu si envie de te mettre en scène dans les affres de la création, t’aurais pu faire un excellent film uniquement sur Martinelyn. Je suppose qu’Hustache a eu peur d’affronter la bête directement zieux dans les zieux en mode humilité. Pourtant, dans le genre démo de Narcisse cet enrobage à base de Rouve usé, ça mérite le Alain Delon 2010. Gérald Hustache-Mathieu, je te reconnais – déjà un nom hyper rigolo – avec un nom comme ça même pas t’as besoin de prénom – je te reconnais un réel sens du détail, qui parcoure tout le film, sans jamais que tu surlignes quoi que ce soit – notamment, y’a plein de références assez pointues à la vie et filmo de Marilyn que seuls les vrais capteront sans que les faux se sentent lésés, et pas que – entre autres, la fille de l’hôtel qui crushe sur Rouve élimé, c’est un bon p’tit running-gag d’arrière-plan qu’avance en scred et éclate à la fin de la plus drôle des façons. Aussi, mon petit Jean – tu permets que je t’appelle Jean, Hustache ? – je trouve très sympathique la manière dont tu équilibres la nudité féminine nécessaire par de la nudité masculine gratuite – tous ces braquemarts endormis pfouloulou. Je te reconnais tout ça, ok, mais ça veut pas dire que tu serais un meilleur boyfriend pour elle.

     

     

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    Télérama hors-série n°178 : Marilyn, 2012

    Il y avait une autre fois où je râlais et j’essayais de dire des trucs et l’autre jour j’ai trouvé sans chercher d’autres gens qui disaient ces trucs-là mieux que moi :

     

    « J’ai vu beaucoup de biopics en préparant Saint Laurent. C’est souvent la même formule : on écrit un film sur quelqu’un, parce qu’il est connu, parce qu’il est un mythe. Et à partir de là, le principe du film, c’est d’expliquer comment ce mythe s’est construit, quelle a été son enfance et tout ça. Pour arriver à la conclusion que : « Le mythe, finalement, il n’est pas si loin de nous ! ». Je déteste ça. Il faut quand même que le mythe reste dans le domaine du mythe. Je ne vois pas l’intérêt de le rendre accessible. Quand je prends Helmut Berger pour la fin du film, c’est une façon de rajouter encore du mythe au mythe. » (So Film, Bertrand Bonello)

     

    « Ce que je souhaite d’un critique littéraire – et il ne me le donne qu’assez rarement – c’est qu’il me dise à propos d’un livre, mieux que je ne pourrais le faire moi-même, d’où vient que la lecture m’en dispense un plaisir qui ne se prête à aucune substitution. Vous ne me parlez que de ce qui ne lui est pas exclusif, et ce qu’il a d’exclusif est tout ce qui compte pour moi. Un livre qui m’a séduit est comme une femme qui me fait tomber sous le charme : au diable ses ancêtres, son lieu de naissance, son milieu, ses relations, son éducation, ses amies d’enfance ! Ce que j’attends seulement de votre entretien critique, c’est l’inflexion de voix juste qui me fera sentir que vous êtes amoureux, et amoureux de la même manière que moi : je n’ai besoin que de la confirmation et de l’orgueil que procure à l’amoureux l’amour parallèle et lucide d’un tiers bien disant. Et quant à l’ « apport » du livre à la littérature, à l’enrichissement qu’il est censé m’apporter, sachez que j’épouse même sans dot. » (En lisant en écrivant, Julien Gracq)

     

    Je sors ça ici parce que ce bel hors-sérieTélérama triomphe justement de ne pas jouer au jeu du « regardez comme elle est pareille que toi » mais au contraire de proposer un catalogue de petites amoureuses. Alors bon y’a un moment, après le milieu et avant le début de la fin, où on sent qu’ils sont grave à court, qu’ils grattent les fonds de tiroir à s’en faire saigner les ongles pour remplir leur centaine de pages mais, globalement, pour la raison que je viens de dire, ça tient la route, ça fait plaisir à lire, c’est pertinent, malin et fluide.

     

    Il y a une non-amoureuse qui m’a saoulé par contre. Anne Le Ny – peut-être son nom la contraint automatiquement à aller vers la contradiction – se pointe en page 81 et se met à gueuler comme quoi Marilyn Monroe est une connasse car elle est trop rentrée dans le jeu du patriarcat, qu’elle a pas cherché à lutter contre ce que la norme masculine imposait : « j’ai le même sentiment en face d’elle qu’un Noir américain pourrait avoir devant un acteur noir des années 30 qui joue au bon nègre ». WOW. C’est un oiseau ? C’est un avion ? Non ! C’est un procès d’intention carrément déplacé. On peut maintenant être coupable de n’avoir pas été un héros. Et depuis quand ça fait partie du cahier des charges du comédien de devoir être à la pointe du progrès ? Et si – mettons on dit que ça en fait partie (et la marmotte elle met des bottes) – en quoi toi Anne Le Nouille tu fais plus le job que Marilyn ? Et si je me mettais à pas aimer tes films car t’es pas Simone de Beauvoir ? D’ailleurs, oups, double-standard, jamais t’aurais reproché à Cary Grant d’avoir été trop viril. Et après moi quand je regarde Charade je suis obligé de demander une heure de rab à ma psy car ça fait ressortir toutes mes peurs. Hier, l’ouvrier évidemment portugais qui fait quelques travaux dans mon nouvel appart m’a demandé : « C’est bien comme ça que vous le vouliez, ce nouveau mur ? ». J’ai répondu : « Tout d’abord bravo pour cet accord inopiné à l’imparfait deuxième personne du pluriel. Pour ce qui est du mur il est parfait. Mais je trouve que vous encouragez la dévalorisation du travail en secteur secondaire en réussissant ce job sous-payé, alors je pense que je vais le détruire. » Il m’a promis de ne plus jamais recommencer.

     

    « Marilyn dans toute sa beauté et sa réussite ne s’adresse pas aux vainqueurs mais aux fragiles, toujours. À ceux qui attendent que la vie commence, à la marge. Aux adolescents avides de la suite. Elle célèbre une revanche mélancolique. Avec, dans l’ombre, l’idée que l’on pourrait vouloir abandonner ce que l’on a voulu à ce point conquérir. » (Céline Sciamma, dans le Hors-série)

     

     

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    Le Prince et la Danseuse, Laurence Olivier, 1957

    Si je m’attendais à ça ! Mon a priori, tout fondé sur les nombreuses anecdotes de tournage qui sont à force plus fameuses que le film lui-même, était ultra-négatif, genre infini négatif, mais genre tellement infini négatif que ça en fait le tour et ça revient dans l’infini positif par le haut. Mon a posteriori est eh mais ça va en fait. Avec deux petites notes – la première qui songe ça fout toujours un peu le vertige comme l’ambiance pourrave des tournages de Marilyn se ressent pas du tout dans les films, un empiriste pourrait dire que de ce fait l’ambiance pourrave n’a pas eu lieu ; la seconde qui gueule c’est vraiment de la grosse merde  My Week With Marilyn putain.

     

    Le Prince et la Danseuse est pas trop mal écrit, pas trop mal filmé, pas trop mal joué. Laurence Olivier est pas follement inspiré, voire franchement paresseux par moments – « alors euh tu vas jouer une jeune femme sensuelle et pure et on va te mettre une robe blanche pendant tout le film ! non non c’est pas comme Sept ans de réflexion ! en quoi ? euuuh bin la robe sera euh plus près du corps ? » – mais le film ne fait jamais de mal, c’est comme mater une vieille comédie Disney, Princesse malgré elle ou je sais pas quoi. Une blondinette américaine, qui méconnaît les rulz aristocratiques et est systématiquement en retard, fout le dawa dans la petite vie bien réglée d’un aristocrate européen qui la méprise, jusqu’à ce qu’elle ait aspiré tout son pouvoir, toute sa virilité : c’est rigolo de voir à quel point le film raconte l’histoire de son tournage. Si Laurence Olivier l’avait eu un peu moins serré, il aurait pu dire « la Monroe veut m’apprendre l’Actor’s Studio ».

     

    Dans ce film, Marilyn Monroe est très touchante par sa rigueur. Elsie Marina, la p’tite pépée qu’elle incarne, est encore une variation autour du stéréotype de la pin-up, corps de surfemme avec sexualité d’enfant, mais à nouveau elle parvient à lui donner une densité saisissante. Monroe travaille de près la psychologie d’un perso dont on attendait que des cambrures. Et ce n’est jamais lourd car il ne s’agit pas de se créer un background tragique pour donner l’illusion d’une profondeur, mais d’effacer la mécanique, de rendre crédible le passage d’un mouvement à un autre. Elsie Marina, comme ses jumelles, The Girl de Sept ans de réflexion et Lorelei Lee de Les Hommes préfèrent les blondes, bénéficie concrètement d’être jouée par Marilyn Monroe qui en fait, au lieu d’une petite esquisse sexy et rigolote de magazine, un personnage bien vivant. On comprend pourquoi Laurence Olivier a pu s’impatienter sur le plateau – pourquoi tant d’efforts, Mrs Monroe, quand on vous demande de rouler du cul ? – mais elle a eu raison de s’imposer car sans elle, sans son gros taf, le film aurait été bien moins bien que pas trop mal. Voilà, pour résumer, Le Prince et la Danseuse c’est pas trop mal, par ma barbe, ou alors j’ai rien compris au concept d’infini.

     

     

     
  • Marilyn Monroe – D’août à décembre


    Coucou toi. J’avais ces quelques cokes en stock et je sais pas pourquoi je les avais pas mis sur le blog, alors voilà je les mets – mes aventures Marilyn d’août à décembre 2014 – et toujours le périple continue sur mon tumblr Par hasard Marilyn – et ensuite on verra mais je pense ça vaut le[…]