L’urbex en Normandie : la photographie qui redonne vie aux lieux abandonnés

31 décembre 2016
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Un cliché mettant en lumière des lieux laissés à l'abandon à l'instar de cet ancien hôpital psychiatrique. (Photo d'illustration ©Pixabay)
Un cliché mettant en lumière des lieux laissés à l'abandon à l'instar de cet ancien hôpital psychiatrique. (Photo d'illustration ©Pixabay)

Vous pensiez que les lieux vétustes normands ne servaient plus à grand chose ? Détrompez-vous. L’urbex, ou l’exploration urbaine, est une pratique de plus en plus courante et consiste à donner une vision différente de ces lieux à l’abandon. Christophe*, urbexeur depuis cinq ans près du Havre (Seine-Maritime), qui nous livre son témoignage.

Qu’est-ce que l’urbex ?

Apparue dans les années 80 en France, aux États-Unis ou encore en Australie, l’exploration urbaine (ou urbex) est une activité consistant à visiter des lieux construits et laissés à l’abandon pour y prendre des clichés. Généralement, ces lieux sont difficiles d’accès voire interdits au public.

L’urbex est un moyen de découvrir un lieu passé, une vie, une ambiance que l’on ne connaît pas et d’en sortir des photos avec un fort impact. C’est souvent l’occasion de croiser de superbes fresques grâce au street art », précise Christophe*

Des vidéastes connus sur internet tels qu’Anil B ou encore Mammytwink proposent des urbex en France, mais aussi en Belgique (comme à Doel ci-dessous).

La Normandie, parfaitement propice à l’urbex

Ces endroits, souvent méconnus, sont repérés à partir de photos, de bouche à oreille ou même en se promenant. « Lorsque l’on fait de la photo, nous avons une vision différente et cela nous permet de découvrir ce que les autres ne voient pas », précise Christophe*.

Pour cet amateur de photographie et urbexeur havrais depuis 2011, la Normandie est un excellent vivier pour pratiquer l’urbex. La confrontation entre les anciennes villes industrielles et la ruralité, permet d’avoir des photos avec des ambiances bien distinctes.

La Normandie recèle d’endroits abandonnés du fait de l’importance des zones industrielles passées et actuelles. Et le côté rural n’est pas en reste non plus», ajoute-t-il.

Cliché dans un entrepôt désaffecté, quelque part en Normandie.
Cliché dans un entrepôt désaffecté en Normandie.

Un phénomène de mode

Pratique beaucoup plus médiatisée depuis quelques années, l’urbex est devenu un véritable phénomène de mode.

C’est malheureux. Les médias en parlent de plus en plus et de faux “urbexeurs” viennent tout saccager ou se blessent et même, parfois, perdent la vie car ils débarquent sans prendre connaissance des règles de sécurité », s’indigne Christophe*. « L’urbex est un plaisir aujourd’hui gâché par tous ces imbéciles qui ne respectent pas les lieux. Aujourd’hui, la pratique attire aussi des personnes mal intentionnées.

Des règles de sécurité qu’il faut respecter

Très peu de décrets encadrent cette pratique. Bien que les autorités soient beaucoup plus vigilantes quant à cette activité depuis sa démocratisation, les urbexeurs doivent eux-mêmes se fixer des règles strictes pour éviter un drame. Malgré l’excitation du cadre, Christophe* reste lucide et tient à ce que chacun suive ces règles :

La première règle est de ne jamais partir seul. Qui dit lieu abandonné dit lieu dégradé potentiellement dangereux. La seconde règle est de bien s’équiper (vieux vêtements, chaussures de sécurité …). Ensuite, il faut toujours rester à portée de vue ou de voix de la personne qui nous accompagne, ne pas monter à deux le même escalier aussi. Il faut toujours garder un œil critique et analyser l’environnement avant de s’engager dans un endroit et de foncer tête baissée pour faire sa photo.

*Nom d’emprunt.

Pierre MOULIN

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