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DCXVI.

La question du jour : où va-t-on mettre le squelette du cardinal de Joyeuse ? Ce débat passionne-t-il ? Moi, oui. Et aussi ceux chargés de déménager ce qui reste dudit. Logé depuis près de deux siècles dans la chapelle du lycée Corneille, ce faiseur de rois et de papes, est prié (façon de dire) d’aller voir ailleurs si j’y suis. La faute à la musique baroque, lui qui en fut si friand.

En attendant, plusieurs possibilités sont offertes aux décideurs. Après l’avis d’un comité d’experts, quatre sites ont été retenus. D’abord le futur mémorial Jeanne d’Arc situé on sait où. Hypothèse séduisante, mais on a argué (avec raison) que le public pourrait confondre Joyeuse avec Cauchon. Dès lors, il faudrait expliquer, argumenter, mettre les points sur les i, d’où un risque de soupçon traversant les mauvais esprits. Mais alors, si c’est pas lui, pourquoi il est là ? Admettons un guide (débutant ou pas) perdant ses moyens, le doute envahir les esprits, ça ni le moment et ni le lieu. Pas de vagues, pas de vagues !

Deuxième lieu retenu : le sous-sol des Nouvelles Galeries, rue Grand-Pont. On le sait désert, central et accessible aux handicapés. Si entente de la maison-mère a été trouvée, la faisabilité (quel mot !) s’est heurtée à une opposition du personnel rouennais. Par un référé déposé par ses délégués syndicaux (la CGT, toujours !) on a fait valoir un droit de retrait fondé sur le règlement intérieur. Un obscur article, écrit petit, stipule qu’on ne saurait exposer un corps d’archevêque à proximité d’un comptoir de sous-vêtements féminins. Chacune des parties, représentées par des avocats de renom, a remis ses conclusions. Jugement dans le premier trimestre de l’année prochaine.

Troisième lieu, et celui-ci a toutes chances d’être retenu, le fameux panorama XXL, dit aussi la Tour à Zizi. Certes, à l’origine, il était prévu pour un autre usage. Or, de récents sondages prédisent une faillite à terme. Il paraîtrait donc urgent de s’acheminer vers une porte de sortie. Dans cette perspective, on pense que de menus travaux permettraient d’exposer le sarcophage au centre du cylindre, ce qui permettrait au public d’en faire le tour. Cela pourrait donner à l’ensemble un air « tombeau de l’Empereur aux Invalides ». On peut même imaginer qu’il soit possible d’appliquer un billet d’entrée dit « couplé ». Contactée, l’ambassade de Chine populaire a donné son accord.

Laissons pour mémoire le quatrième lieu pressenti, la crypte de l’abbaye de Saint-Georges de Boscherville. Dommage. D’emblée, elle avait tout pour plaire : institution sérieuse, monument chargé d’histoire, cadre agréable. Pourquoi s’est-on privé de cette solution ? Rouen Chronicle le révèle aujourd’hui. On sait le président du conseil régional amateur de tables tournantes. Par une initiative malheureuse (il n’en est pas exempt), il a cru bon d’interroger un personnage connu, paraît-il inhumé au même endroit. Trois coups oui, cinq coups non, la réponse d’outre-tombe n’a pas tardée : ce fut niet. Nouvelle déconvenue pour l’exécutif, contraint de se rabattre sur un pis-aller et revenir sur des promesses hasardeuses. Pauvre Normandie !

La question du jour : où va-t-on mettre le squelette du cardinal de Joyeuse ? Ce débat passionne-t-il ? Moi, oui. Et aussi ceux chargés de déménager ce qui reste dudit. Logé depuis près de deux siècles dans la chapelle du lycée Corneille, ce faiseur de rois et de papes, est prié (façon de dire) d’aller voir ailleurs si j’y suis. La faute à la musique baroque, lui qui en fut si friand.

En attendant, plusieurs possibilités sont offertes aux décideurs. Après l’avis d’un comité d’experts, quatre sites ont été retenus. D’abord le futur mémorial Jeanne d’Arc situé on sait où. Hypothèse séduisante, mais on a argué (avec raison) que le public pourrait confondre Joyeuse avec Cauchon. Dès lors, il faudrait expliquer, argumenter, mettre les points sur les i, d’où un risque de soupçon traversant les mauvais esprits. Mais alors, si c’est pas lui, pourquoi il est là ? Admettons un guide (débutant ou pas) perdant ses moyens, le doute envahir les esprits, ça ni le moment et ni le lieu. Pas de vagues, pas de vagues !

Deuxième lieu retenu : le sous-sol des Nouvelles Galeries, rue Grand-Pont. On le sait désert, central et accessible aux handicapés. Si entente de la maison-mère a été trouvée, la faisabilité (quel mot !) s’est heurtée à une opposition du personnel rouennais. Par un référé déposé par ses délégués syndicaux (la CGT, toujours !) on a fait valoir un droit de retrait fondé sur le règlement intérieur. Un obscur article, écrit petit, stipule qu’on ne saurait exposer un corps d’archevêque à proximité d’un comptoir de sous-vêtements féminins. Chacune des parties, représentées par des avocats de renom, a remis ses conclusions. Jugement dans le premier trimestre de l’année prochaine.

Troisième lieu, et celui-ci a toutes chances d’être retenu, le fameux panorama XXL, dit aussi la Tour à Zizi. Certes, à l’origine, il était prévu pour un autre usage. Or, de récents sondages prédisent une faillite à terme. Il paraîtrait donc urgent de s’acheminer vers une porte de sortie. Dans cette perspective, on pense que de menus travaux permettraient d’exposer le sarcophage au centre du cylindre, ce qui permettrait au public d’en faire le tour. Cela pourrait donner à l’ensemble un air « tombeau de l’Empereur aux Invalides ». On peut même imaginer qu’il soit possible d’appliquer un billet d’entrée dit « couplé ». Contactée, l’ambassade de Chine populaire a donné son accord.

Laissons pour mémoire le quatrième lieu pressenti, la crypte de l’abbaye de Saint-Georges de Boscherville. Dommage. D’emblée, elle avait tout pour plaire : institution sérieuse, monument chargé d’histoire, cadre agréable. Pourquoi s’est-on privé de cette solution ? Rouen Chronicle le révèle aujourd’hui. On sait le président du conseil régional amateur de tables tournantes. Par une initiative malheureuse (il n’en est pas exempt), il a cru bon d’interroger un personnage connu, paraît-il inhumé au même endroit. Trois coups oui, cinq coups non, la réponse d’outre-tombe n’a pas tardée : ce fut niet. Nouvelle déconvenue pour l’exécutif, contraint de se rabattre sur un pis-aller et revenir sur des promesses hasardeuses. Pauvre Normandie !